Les résultats semestriels de Suez montrent une croissance très faible de seulement 1% au premier semestre 2025 et une dégradation de la marge EBITDA : amélioration dans l’eau mais détérioration importante dans les déchets. La dette du Groupe a, elle, augmenté de plusieurs centaines de millions d’euros par rapport à fin 2024 (informations publiques).
Quant aux objectifs fixés lors du rachat de 2022, la trajectoire de rentabilité n’est pas tenue : la croissance organique attendue, notamment à l’international, n’a pas eu lieu.
Dès lors, une question s’impose :
Quelles contraintes les actionnaires veulent-ils imposer ?
Et surtout, quelles seront les orientations du nouveau Directeur général, Xavier Girre ?
Les salarié·e·s, qui sont au cœur de l’activité de Suez, vont-ils encore être les premières victimes de ces orientations ?
Notre message est clair
Si des optimisations doivent être faites :
- Elles doivent porter sur la coopération et les synergies entre Business Units, Unité de Différenciation et au sein même de celles-ci.
- Elles doivent viser la réduction des strates managériales et la limitation du contrôle et du reporting excessif.
- Elles doivent renforcer la connaissance des clients, du marché et du contexte économique pour permettre une réelle croissance organique.
Le corps social de Suez n’acceptera pas des mesures d’austérité qui se traduiraient par des suppressions d’emplois, une compression des salaires ou une dégradation des conditions de travail.
Un tel choix provoquerait un désengagement massif des salarié·e·s, préjudiciable à l’ensemble du Groupe.
Quelques rappels essentiels
Les frais généraux du Groupe représentent seulement 11% du budget, incluant la masse salariale. Ce n’est donc pas en pressurant les salarié·e·s que l’Entreprise trouvera une solution durable.
D’autres pistes d’économie et d’efficacité existent : outils informatiques, simplification du management, meilleure coopération transversale.
Par ailleurs, Suez a obtenu à plusieurs reprises la certification Top Employer, saluant les conditions de travail, les perspectives de carrière, la formation (plus de 1,6 million d’heures) et les engagements RSE de l’entreprise.
Un discours appelant aujourd’hui à de nouveaux sacrifices serait en totale contradiction avec ces engagements et nuirait fortement à la marque employeur.
La qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) n’est pas un luxe : une étude Qualisocial-Ipsos montre qu’elle renforce la santé, l’engagement et la performance. En 2024, plus de la moitié des salarié·e·s se disaient désengagés ; 88% jugent la QVCT prioritaire. Toute politique de baisse de salaire et/ou de surcharge ferait donc courir un risque social et économique supplémentaire.
Notre engagement
Les salarié·e·s créent chaque jour la valeur ajoutée de Suez.
Ils permettent de gagner des contrats, de construire des usines, ils assurent la continuité et la qualité des services publics, souvent sous pression. Les salarié·e·s ne peuvent pas être « pressés comme des citrons » sans remettre en cause la capacité du Groupe à remplir ses missions.
Les salarié·e·s de Suez apportent une valeur ajoutée essentielle, pour une part limitée dans le budget. Ils défendent chaque jour la qualité des services publics et la pérennité de l’entreprise.
C’est pourquoi la CGT demande :
- de renoncer à tout plan d’austérité,
- de privilégier un véritable dialogue social,
- d’orienter l’action vers l’amélioration de la politique sociale
La CGT est disponible pour travailler à des solutions concrètes conciliant économie, social et environnemental.
