1. C’est quoi une GEPP ?
La GEPP (ex-GPEC) est un accord qui permet d’anticiper les évolutions des métiers et de prévoir des mesures collectives et individuelles (formation, reconversion, mobilité choisie, montée en qualification…) pour sécuriser les parcours professionnels et protéger l’emploi.
Elle doit être négociée dans le cadre du dialogue social.
2. Pourquoi cette négociation a lieu en même temps qu’un plan de transformation avec réductions d’effectifs ?
Parce que chez Suez :
- la GEPP est négociée “à chaud” pour les fonctions supports, où la Direction a annoncé une baisse d’effectifs à court terme ;
- et “à froid” pour les autres métiers pour anticiper la transition numérique y compris l’IA, les évolutions réglementaires et environnementales.
La GEPP n’est pas un plan de départ volontaire, son but est de mettre des protections, obtenir des alternatives, accompagner les salarié·es et anticiper les transformations, même quand la Direction annonce des projets de restructuration.
3. Est-ce que la GEPP va modifier mon contrat de travail ?
Non, pas sans votre accord.
La GEPP ne peut rien imposer individuellement si une mesure modifie votre contrat de travail (changement de métier, de qualification, de lieu de travail…).
La CGT défend le volontariat comme règle, aucune mobilité ou transformation ne doit être forcée.
4. La GEPP remplace-t-elle un PSE, une RCC ou un PDV ?
Non. Ce sont des dispositifs différents :
- PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi) : accompagne des licenciements collectifs,
- PDV (Plan de Départ Volontaire) : organise des départs volontaires sur un périmètre donné,
- RCC (Rupture Conventionnelle Collective) : permet des départs négociés, uniquement sur la base du volontariat, avec indemnités et accompagnements,
- GEPP : n’est pas un plan de départ, mais un accord de gestion et d’anticipation des métiers et compétences pour sécuriser nos parcours et défendre le maintien dans l’entreprise, en intégrant aussi la transition écologique et numérique.
Si un accord de GEPP contient des mesures qui facilitent la rupture ou la mobilité sans garde-fous, cela constitue un détournement du sens initial du dispositif, que la CGT s’emploie à empêcher.
5. Que se passe-t-il si mon poste est supprimé dans les fonctions supports ?
La CGT négocie pour garantir :
- Aucun départ forcé: uniquement sur la base du volontariat,
- Reconversion interne prioritaire, accompagnée et financée par l’entreprise,
- Formations longues, qualifiantes et certifiantes,
- Mobilités choisies et non pénalisantes,
- Transparence et consultation du CSE si les mesures impactent les effectifs.
L’objectif syndical est le maintien dans l’emploi, pas son accélération vers la sortie.
6. Si je veux rester dans l’entreprise, même si mon métier évolue ou se transforme, c’est possible ?
Oui. L’accord GEPP doit justement permettre :
- d’anticiper les mutations,
- d’accéder à la formation certifiante,
- d’entrer dans des parcours de reconversion interne,
- et de construire des passerelles vers les métiers en développement ou en transformation numérique et environnementale notamment.
Ce n’est jamais au salarié de payer le prix du changement ou d’être forcé à partir s’il souhaite se reconvertir et rester dans l’emploi.
7. Pourquoi l’IA et le numérique sont intégrés dans une GEPP négociée “à froid” ?
Parce que la Direction anticipe des impacts moyen/long terme sur les métiers, notamment via :
- l’arrivée d’outils digitaux et d’IA dans nos métiers,
- l’automatisation et l’IA embarquée dans les process sur nos installations,
- l’évolution des compétences à développer,
- les enjeux réglementaires,
- les obligations environnementales et de transition.
L’objectif “à froid” est de permettre à chacun·e d’être prêt·e, formé·e, qualifié·e aux métiers de demain, sans urgence sociale immédiate sur l’emploi, mais avec un enjeu stratégique majeur.
8. Comment je peux être acteur·rice de mon parcours ?
Grâce aux outils défendus par la CGT dans l’accord :
- Entretien professionnel régulier,
- Bilan de compétences,
- Formations certifiantes et reconnues,
- Accompagnement individualisé selon les diagnostics de chaque salarié·e,
- Choix libre de la mobilité ou de la reconversion interne,
- Possibilité d’être orienté·e vers des métiers en développement plutôt qu’en décroissance.
Notre message CGT
La GEPP n’est pas un accord pour gérer la sortie des salarié·es.
Même quand un plan de transformation annonce des réductions de postes, une RCC ou un PDV, la GEPP doit servir à :
- anticiper l’avenir des métiers,
- former et reconvertir sans contraindre,
- sécuriser les parcours,
- protéger et maintenir l’emploi autant que possible,
- lutter contre la précarité et renforcer les CDI,
- imposer le volontariat et l’accord individuel comme priorité lorsque des mesures touchent aux contrats.
